Ile de Pâques – 4/5 au 10/5

La voila l’île mysterieuse, perdue au milieu du Pacifique, la Isla de Pascua ou Rapa Nui de son nom d’origine. Cette petite ile chilienne située a environ 5h d’avion de Santiago et de Papete est l’une des terres les plus isolees au monde. D’a peine 170km2, elle est née de l’association de 3 volcans dont le plus haut culmine a 511m.
Il n’y a qu’une seule ville ici, la capitale Hanga Roa, et l’ile n’est habitee que par 4000 pascuans.

Nous descendons de l’avion le sourire aux lèvres, heureux d’être arrivés sur cette terre isolée. Nous sommes accueillis a l’aéroport par un groupe de chanteurs et danseurs traditionnels, de quoi nous mettre dans l’ambiance a peine débarqués !
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Nous sommes exténués car nous venons de vivre une journee de 40h : et oui, changement de fuseau horaire, on repart de zéro en passant derrière le globe ! Depuis Auckland, il y a 16h de décalage horaire. Mais ici, les habitants ont décidé de ne pas vraiment respecter le fuseau horaire leur correspondant, mais plutôt de suivre le rythme du soleil. Difficile donc de savoir quelle heure il est. Les téléphones indiquent une heure tandis que les habitants en annoncent une autre. Nous sommes en vacances, ce n’est donc pas bien grave mais il faudra tout de même s’en soucier quand on devra repartir afin de ne pas rater l’avion !

Après une bonne nuit de sommeil, nous louons des vélos afin d’appréhender au mieux cette petite île : découverte de la « capitale » constituée d’une rue principale où se situe tous les commerces, d’une rue côtière et de quelques rues autours où se trouvent les différents hébergements.
Devant le port nous decouvrons avec emerveillement notre 1er Moai, une statue aux origines mysterieuses qui se dresse du haut de ses 5m devant l’ocean. Un moai représente les ancêtres d’une famille qui sont en fait enterrés dans les ahu. Les moai sont généralement des protecteurs des villages, c’est pourquoi ils regardent generalement en direction du village et non vers la mer. Certains moais isolés sont tout de même tournés vers la mer : ce ne sont pas des protecteurs mais des détecteurs d’equinoxe ou de solstice.
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Afin de mieux comprendre l’histoire de cette ile, nous partons a la recherche d’un guide pouvant nous accompagner sur une journée et nous reveler les mystères de Rapa Nui. Non sans mal, nous trouvons un guide local qui parle francais et qui accepte de nous accompagner en excursion le lendemain.
Apres une petite baignade dans le Pacifique, dans une petite piscine naturelle protégée des vagues par les rochers, nous rejoignons le site d’Ahu Tahai pour admirer le coucher du soleil derriere les Moai. Cet Ahu (il s’agit de la plateforme sur laquelle sont posés les Moai, et dans lequel sont enterrés les ancêtres) présente 5 Moais dressés dos a la mer : 4 Moais d’environ 5m, et un Moai beaucoup plus ancien et donc bien plus petit. Le soleil descend progressivement derrière ces immense statues sombres revelant des couleurs orangees dans le ciel pour un moment magique au son des vagues qui se fracassent sur les rochers.
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A côté de cet ahu se dressent 2 moai solitaires dont l’un a retrouvé son pukao (son chapeau rouge) et ses yeux (c’est le seul de l’ile dans ce cas).
Apres ces premieres decouvertes, nous avons hate de pouvoir discuter avec notre guide rapa nui et lui poser toutes les questions qui nous trottent dans la tete !
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Le lendemain, nous avons donc rdv avec Henri, notre guide Rapa Nui, et 2 autres francais avec qui nous partagerons la journée. Premier arrêt a la plage d’Anakena. Et là, encore une belle surprise ! Nous qui pensions qu’il ne s’agissait « que » d’une très belle plage (le site est très réputé pour cette plage), nous devinons un ahu avec des Moai tres bien conservés de 3 eme generation (donc plus recent), dressés sur cette belle plage, dos a la mer, au milieu des cocotiers.
On reconnait la génération des moais au nombre de plateformes présentes sur le ahu. 3 plateformes = 3eme generation. En comparaison avec les moai de 1 et 2eme generation, les moais de 3 eme generation sont mieux dessinés, les mains et le visage sont plus marqués, on voit des gravures correspondant aux vêtements, et ils sont généralement plus grands.
Henri nous expliquera que les informations sur l’histoire des moais sont contées, de génération en génération. On parle de tradition orale, qui peut donc bien évidemment varier d’une famille à une autre.

Nous restons bouche bée devant ce spectacle : les cocotiers, la grande plage d’Anakena, la mer transparente et surtout ces Moai ! Une sérénité se dégage de ce lieu – il est 9h, les rayons du soleil se faufilent entre les Moai dont les visages restent encore dans l’ombre, et surtout il n’y a que nous pour admirer ce decor !!

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Anakena

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D’ou viennent les moais ? On ne sait pas exactement. C’est le roi Hotu Matu’a qui arriva le premier (en pirogue semble t’il ) sur Rapa Nui accompagné de ses 7 fils. Chacun de ses fils est a l’origine d’une famille qui se divise ensuite en tribus qui se divisent ensuite en clan. Il resterait encore une dizaine de clans sur l’ile, qui continuent a se disputer (le sport national sur Rapa Nui comme dit Henri !)
Les moais sont dressés par les clans, ils représentent les ancêtres : leur protection pour les villages, et leur connaissance pour l’avenir (les ancetres avaient le mana, cest a dire la connaissance) . Lorsque les clans se disputaient, ils faisaient tomber les moais – agression ultime pour un village puisque cela represente un non respect des ancetres et une rupture de l’avenir. C’est pourquoi sur l’ile on trouve encore de nombreux ahu (le socle des moais), mais les moais sont tombes face contre terre, voir cassés. Les moais que l’on peut voir debout sont en fait des moais qui ont ete redressés.

Prochain arrêt pour voir des petroglyphes, ces inscriptions que l’on retrouve sur des rochers, et qui servaient a transmettre les methodes de peche, chasse et autres aux generations a suivre.
Un exemple de petroglyphe représentant une technique de pêche au thon (c’est évident quand meme, n’est ce pas ?!!)
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Puis Henri nous emmène voir Ahu Tongariki, un ahu reunissant 15 statues géantes, s’étirant au pied des falaises devant l’océan. Un seul de ces moais a conservé son pukao (chapeau). Les autres sont à proximité, mais en trop mauvais état pour être reposés sur les moais.
Un site saisissant pour le décor, et surtout le nombre de moai debout – site que nous reviendrons admirer au lever du soleil !
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Ahu Tongariki

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Puis nous partons a Rano Raraku, le volcan qui servit de carrière pour la construction des moai. La roche est faite de tuf et de cendres compressees, un materiau ideal pour la sculpture. Sur chaque versant du volcan, on trouve des moai inacheves, abandonnes en cours de transport, ou casses. En tout 397 statues sont encore là, droites, fixant l’horizon. Une armée de moai autour de nous !
Selon la tradition orale, la construction des moai s’est arrêtée nette, du jour au lendemain. Un ras-le-bol face a ce travail titanesque et éreintant qu’était de sculpter les moai directement dans la roche, puis les transporter. Un travail pouvant être réduit a néant si la statue se brisait lors de l’extraction finale, ou si elle tombait durant le transport. Les moai étaient déplacés – selon la tradition orale – par la technique du frigo, c’est a dire en faisant balancer la statue de gauche a droite, millimètre par millimètre. D’où cette impression de faire danser le moais.
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Et au centre du cratère, un petit lac s’est formé, au bord duquel viennent courir des cheveux sauvages pour sublimer le décor.
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Le lendemain, nous louons une voiture et partons nos 2 compères français en balade autour de l’ile. A 10km au nord d’Hanga roa nous decouvrons l’Ahu Akivi qui tient une place historique sur l’ile. Il s’agit de 7 statues qui representeraient les 7 fils du premier roi Hotu Matu’a. C’est le seul ahu dont les moai alignés regardent la mer car, nous l’apprendrons plus tard, il semblerait que le village était situé entre les statues et la mer.
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Puis nous partons a la decouverte du volcan Rano Kau, un volcan datant de 2,5 millions d’annees. Les parois du cratère sont tapissées d’arbres, tandis qu’une fine paroi retient la mer. Et au fond des dizaines de petits lacs couverts de joncs.
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Vendredi 8 mai ! Ca y est, j’ai 30 ans … mais 30ans sur l’ile de Paques c’est tout de meme plus facile a digérer !!! Au programme lever de soleil derrière les moai d’Ahu Tongariki, puis plongée a 22m pour aller découvrir un moai caché dans les profondeurs du Pacifique. Et un bon petit vin du Chili pour terminer cette journée. Malheureusement au bout du monde, internet se fait rare … je n’ai vu vos messages que de retour a Santiago… un grand merci a tous pour vos petits mots, chansons ou videos !!
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Notre semaine sur l’ile de Pâques est déjà terminé, une ile mythique et mystique, une très belle découverte, et un premier apprentissage de l’espagnol ! Les Moai, on les aime et on en redemande !!!

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Un commentaire

Une réflexion sur “Ile de Pâques – 4/5 au 10/5

  1. Mapy

    voilà un coin du monde auquel je n aurais pas pensé ….et pourquoi pas ! merci pour l article : «  »Voyager pour échapper à la vraie vie (ou pour ne pas que la vie t’échappe?) » » posté sur FB

    J'aime

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